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Covid, numérique, grogne: Anne Emery-Torracinta répond à Heidi.news

«Un ouragan s'est abattu sur nous», dit Anne Emery-Torracinta (archive). | Keystone / Martial Trezzini

Comment tirer le bilan de deux années scolaires bouleversées par la crise sanitaire? Ses rebondissements, ses défis, ses tensions? Dans la rédaction, une idée s’est rapidement imposée: rencontrer la directrice genevoise de l’instruction publique, Anne Emery-Torracinta.

Rendez-vous a donc été pris. Pour notre petit média, qui s’est emparé des questions d’éducation il y a un peu plus d’une année seulement, c’est une première. La cheffe du département nous reçoit pile à l’heure, avenante. A peine le temps d’admirer la belle vue depuis les fenêtres de son bureau, qui donne sur la promenade de la Treille, et c’est parti pour une discussion qui débordera au final largement de l’heure impartie, malgré un débit de parole soutenu.

Heidi.news — On avait très envie de rencontrer quelqu’un qui fait toujours tout faux.

Anne Emery-Torracinta — Ah bon?

Oui, à chaque fois qu’un conseiller d’Etat prend une décision en temps de crise, il fait forcément faux, non? Comment avez-vous vécu ces deux années?

Comme quelque chose qui a passé très vite. C’est toujours le cas, mais là, un ouragan s’est abattu sur nous, sans que nous ayons le temps de prendre du recul. La fermeture des écoles au printemps 2020 a été très brutale, d’autant plus que les jours précédents on nous affirmait que les écoles ne seraient jamais fermées ! A l’urgence s’est ajoutée l’incertitude de ne jamais savoir où l’on allait. Normalement, en Suisse, tout se construit dans la lenteur et le consensus. Là, il fallait avancer sans les concertations habituelles. Cela dit, les prestations de l’Etat ont été assurées et, malgré un peu de retard, nous avons pu continuer à travailler sur les grands projets du département.

Pour moi, l’année scolaire 2019-2020 a aussi été une annus horribilis au niveau budgétaire, sans fonds supplémentaires votés pour les écoles alors que nous faisons face à une forte hausse du nombre d’élèves. Je l’ai vécue difficilement presque plus à cause de cela que du virus. En revanche, celle qui se termine a été plus tranquille car nous étions mieux préparés.

Des regrets?

Il ne faut jamais vivre avec des regrets. Je ne vois pas vraiment ce qu’on aurait pu mieux faire... On peut quand même se poser la question de la communication quand les choses changent tout le temps. Nous avons mis en place une FAQ, où tous les renseignements étaient centralisés, et les points de presse du Conseil d’Etat ont été relayés sur Léman Bleu. Mais je n’ai jamais reçu autant de courrier qu’au printemps 2020…

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