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A Genève, le salaire minimum pour les stagiaires ne sert à rien

Des stagiaires et étudiants du mouvement Pay Your Interns manifestent lors d'un rassemblement afin de dénoncer les stages non rémunérés au sein des Nations unies en Juillet 2015. | Keystone / Martial Trezzini

Alors que Genève compte près de 750 ONG qui fonctionnent grâce à un nombre important de stagiaires, la mise en place d’un salaire minimum en septembre 2020 a rebattu les cartes. Geneva Solutions a analysé les conséquences d’une telle réforme. Car si la nouvelle semblait avantager les stagiaires, d’un côté comme de l’autre, les avis restent mitigés.

Pourquoi c’est important. La nouvelle loi votée dans le canton de Genève a fixé le salaire minimum à 23 francs de l’heure pour tous les travailleurs et prévaut sur tous salaires inférieurs, mais elle ne concerne pas les stagiaires dont le statut juridique a été défini selon le Conseil de surveillance du marché de l’emploi (CSME). Les critères pour définir le statut de stagiaire sont stricts: une convention doit être signée entre l’école, l’organisme d’accueil et le stagiaire qui doit l’effectuer dans son cursus ou entre deux années d’étude, toute autre forme de stage est considéré comme «problématique».

Une loi à double tranchant. Tous les stages «problématiques», dont la loi dispose que ce sont en fait des premiers emplois passés pour stages, devront désormais être rémunérés au salaire minimum. Les ONG au budget souvent limité se retrouvent le couteau sous la gorge, et doivent refuser de nouvelles recrues ou être dans l’illégalité. Si la nouvelle loi n’accorde pas plus de protections aux stagiaires, elle empire même leurs perspectives d’emploi, les critères d’éligibilité ayant été fortement restreints.

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