Qui sont les Laiteries réunies de Genève, piratées en avril?

Une installation des Laiteries réunies de Genève / © LRG

On ne saura sans doute jamais pourquoi des pirates ont décidé de cibler les Laiteries réunies de Genève (LRG) pour leur dérober un volume de données considérable, plus de 140 gigaoctets de documents. Des données sensibles qui concernent à la fois ses 300 collaborateurs et ses activités commerciales et industrielles.

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Le directeur général, Dominique Monney, n’a pas répondu à nos questions écrites, expliquant par téléphone que les LRG ont souffert du hacking et ne souhaitent plus s’exprimer sur le sujet. Il entend se concentrer sur le travail des 100 producteurs et des 600 sociétaires de la coopérative.

La fameuse tomme Jean-Louis

Fondées en 1911 à Plan-les-Ouates, les LRG sont actives dans les produits laitiers et carnés, le négoce et la logistique. Le groupe compte 9 filiales comme Del Maître, Val d’Arve ou Maître Boucher, surtout à Genève, mais aussi en Valais et à Berne, et des participations minoritaires auprès de fromagers. A l’exception du jambon Del Maître, de la tomme Jean-Louis ou des flans Tam Tam, que les LRG produisent elles-mêmes, ses marques phare sont achetées sous licence pour la Suisse auprès de groupes étrangers, comme Sojasun, Galbani et Perle de lait. Pour ces produits, les LRG agissent comme négociant ou comme producteur.

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L’ensemble des activités du groupe a généré un chiffre d’affaires de 146 millions de francs l’an dernier pour un profit de 61000 francs. Cependant, certaines filiales réalisent des bénéfices supérieurs, certains pans du groupe étant plus rentables que d’autres.

La concurrence est vive

Un ancien cadre des LRG, demeuré dans le secteur laitier et souhaitant rester anonyme, explique que la coopérative a changé de stratégie à la fin des années 2000, suite à la rupture de son contrat avec Danone. Même si elles ont récupéré Yoplait, «les LRG se sont repliées sur le marché local, explique-t-il. Le groupe vend de très beaux produits, mais ne peut affronter la concurrence sur le plan des volumes.»

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De fait, celle-ci est vive sur le marché du lait. En 2018, les LRG ont commercialisé 16 millions de kilos de lait, ce qui les classe au 14e rang national, bien loin de géants comme le courtier Mooh ou Aaremilch et Cremo. En tant que transformateurs, la coopérative genevoise se hisse au 7e rang, étant là aussi nettement distancée par Emmi, Cremo ou le groupe Elsa-Mifroma qui appartient à Migros.