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Pourquoi les paysans s'allient-ils aux patrons en vue des élections fédérales?

Le palais fédéral, 16 juillet 2012. | Keystone / Gaetan Bally

L'Union suisse des paysans et les faîtières de l'économie s'allient en vu des élections fédérales. Qu’est-ce qui explique cette évolution, et quel pourrait être son impact sur la politique agricole du pays? Analyse.

La campagne pour les élections fédérales de l’automne 2023 a été lancée vendredi 6 janvier autour d’une galette des rois, face au Palais fédéral. L’Union suisse des paysans (USP) et les faîtières de l’économie ont annoncé officiellement leur alliance et présenté leur campagne de communication sous le slogan:

«L’économie et l’agriculture: garantes de la stabilité et de la prospérité de notre pays.»

Cette collaboration comprend la plus grande association paysanne du pays et les trois organisations patronales suisses: Economiesuisse, l’Union suisse des arts et métiers (USAM), et l’Union patronale suisse.

Des positions qui se sont rapprochées. En 2018, alors que les négociations sur l’accord de libre échange avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay) battent leur plein, une alliance entre l’agriculture et l’économie était loin d’être évidente.

A cette époque, Markus Ritter, président de l’USP, est à couteaux tirés avec le ministre de l’économie d’alors, Johann Schneider-Ammann, et Economiesuisse. Interviewé par la NZZ en 2018, le représentant des paysans déclare:

«L'économie ferait mieux de nous convaincre d'accepter des compromis plutôt que de nous faire passer pour d'éternels empêcheurs de tourner en rond.»

Cinq ans plus tard, le contexte a bien changé. Le Covid, la guerre en Ukraine et la votation sur les initiatives contre les pesticides sont passés par là, explique Martin Pidoux, chargé de cours en politique et marché agricole à la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (HAFL), près de Berne:

«L’USP est une association patronale traditionnellement bourgeoise. Il ne s’agit donc pas d’une alliance contre-nature, particulièrement dans le momentum actuel avec la tendance à la relocalisation provoquée par les crises récentes. Dans ce contexte, c’est une annonce plutôt positive pour le monde agricole.»

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