Réservé aux abonnés

Pourquoi la COP27 n'a pas réussi à mettre l'agriculture au centre du climat

La COP27 à Charm el-Cheikh, Eygpte, le 18 novembre 2022. | Keystone / AP Photo / Thomas Hartwell

Pour l'aboutissement du processus de Koronivia, on attendait des engagements forts concernant l'agriculture. Las, aucune ambition majeure n'a émergée... si ce n'est la poursuite des discussions.

Sur les questions agricoles, la COP27 était attendue au tournant. Pour la première fois dans l’histoire de la Conférence des parties sur le climat, un pavillon spécialement dédié aux systèmes alimentaires était présent sur place. L’événement a vu l’aboutissement du processus de Koronivia, un cadre institutionnel censé donner à l’agriculture une place centrale dans la lutte contre le changement climatique. Mais aucun engagement étatique ne ressort des négociations qui se sont avérées tendues.

Pourquoi c’est pourtant capital. Les systèmes alimentaires (pré- et post-production inclus) représentent entre 21% et 37% des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique. «Pourtant, seuls 2% des financements pour le climat sont dédiés à l’agriculture», souligne Marie Hrabanski, chercheuse en sciences politiques au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad).

L’agriculture porte en partie la responsabilité du réchauffement climatique, tout en étant une des premières victimes. Elle représente aussi un levier d’action pour diminuer nos émissions et nous adapter à un monde plus chaud. Une situation unique que l’Action commune de Koronivia voulait justement mettre en évidence. Initié en 2017 lors de la COP23 pour une durée de quatre ans, ce cadre institutionnel consacré à la résolution des enjeux agricoles a pris du retard et a été finalisé le 20 novembre 2022.

Ce qui a été décidé. «La COP27 devait permettre de finaliser le rapport bilan sur le processus, et de définir une nouvelle feuille de route», explique Jazmín Rocco Predassi. Coordinatrice du groupe de travail Agriculture au sein du Réseau Action climat, elle suit depuis quatre ans les négociations en tant qu’observatrice, et a fait le déplacement à Charm el-Cheikh.

Le texte définit un espace de discussion avec notamment les objectifs suivants:

  • promouvoir une approche globale en tenant compte des situations locales en matière d’atténuation et d’adaptation;

  • renforcer les synergies entre les organisations nationales, régionales et internationales sur les questions d’agriculture, de sécurité alimentaire et d’action climatique;

  • encourager la recherche et le partage de connaissances.

Le verre à moitié vide. A l’avant-veille de l’adoption de la nouvelle mouture de Koronivia, Jazmín Rocco Predassi confiait à Heidi.news espérer la reconduction de cet espace de discussion, tout en regrettant le manque d’avancées majeures:

Réservé aux abonnés

Cet article est réservé aux abonnés.

Déjà abonné(e) ? Se connecter