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Pour que votre assiette soit écolo, ne regardez pas que le CO2 des aliments

Pressions environnementales cumulées de plusieurs systèmes de production à l'échelle mondiale. | Helparn et al, Nature Sustainability, 2022.

Le porc sature plus les sols en fertilisants que le bœuf. Le riz émet plus de gaz à effet de serre que le porc. La pêche de dorade perturbe plus les écosystèmes que la viande ou les céréales. Ou de l’importance d’utiliser plusieurs indicateurs pour évaluer l’impact de l'agriculture sur l’environnement à l’échelle mondiale.

On l’entend partout: produire de la viande émet du CO2, bien plus que du fromage, du chocolat ou du café – même si ces derniers sont aussi une source de gaz à effet de serre. Oui mais voilà, l’empreinte carbone n’est pas l’alpha et l’omega de l’impact d’un aliment sur l’environnement.

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Pourquoi l’empreinte carbone ne suffit pas. D’autres paramètres rentrent ainsi en compte:

  • l’usage des terres, comme le passage d’un écosystème forestier en terres cultivées;

  • la pollution de l’eau;

  • l’impact sur la biodiversité du sol et à sa surface;

  • l’érosion des sols;

  • les excès en fertilisants: trop d'azote ou de phosphore acidifie les sols, augmente le risque de maladies pour les cultures et la prolifération des algues (eutrophisation), et génère des carences en oligoéléments;

  • la sensibilité aux événements climatiques extrêmes (feux, sécheresse, inondation, etc.).

Lire aussi: Oui, la viande peut être bénéfique pour l’environnement

Pourquoi c’est important. Un nombre croissant d’études scientifiques tentent justement d’avoir une approche plus exhaustive des conséquences de la production des aliments. Une étude publiée dans la revue PNAS en 2022 a fait le bilan environnemental de quelque 60’000 aliments – transformés ou non – à partir de quatre indicateurs:

  • émissions des gaz à effet de serre;

  • usage des terres;

  • potentiel d’eutrophisation;

  • usage en eau.

Les auteurs ont retracé la vie du produit, depuis la production (avec le transport de fertilisants) jusqu’au commerce de détail. Ne sont pas pris en compte les pertes le long de la chaîne et les usages dans les foyers, de même que les étapes de post-production de matières premières – par exemple, la transformation de beurre et farine en croissant qui sera emballé.

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