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Pollution aux dioxines à Lausanne: une étude lancée pour mesurer l'exposition des habitants

Périmètre pour les différentes recommandations sanitaires face à la pollution aux dioxines à Lausanne. | Direction générale de l'environnement du canton de Vaud.

Deux ans après la découverte de la pollution de sols aux dioxines à Lausanne, l'Etat de Vaud et la Ville ont révélé les résultats de leurs analyses menées en 2022.

Le moment était attendu. Deux ans après la découverte de taux anormalement hauts de dioxines dans les sols lausannois, les autorités vaudoises et la Ville de Lausanne ont présenté ce 19 janvier 2023 les résultats des investigations menées l’an dernier. Conseil d’État, direction générale de l’environnement, médecin et vétérinaire cantonaux avaient fait le déplacement pour l’occasion.

En résumé: une volonté de rassurer la population – tout en lançant une étude d’exposition –, de nouvelles recommandations pour diminuer les risques, et des projets d’assainissement qui risquent de durer très longtemps.

Pourquoi les annonces étaient attendues. En octobre 2021, Lausanne a mis en place une série de mesures afin de limiter l’exposition de la population dans les zones particulièrement touchées par la pollution aux dioxines. Mais de nombreuses questions restaient encore en suspens: à quelle point la population est-elle exposée aux dioxines? Faut-il assainir certains sites pollués? Lesquels et comment? A qui cette charge incombe-t-elle, et avec quels financements? Unisanté sera-t-elle mandatée pour réaliser un suivi de l’exposition de la population?

Les autorités vaudoises et la ville, qui étaient attendues au tournant, ont joué la carte de la transparence. Et apporté beaucoup d’éléments de réponse.

«Une pollution d’ampleur inédite». Dans son discours, Vassilis Venizelos, conseiller d’Etat en charge du Département de la jeunesse, de l’environnement et de la sécurité, a voulu montrer une prise de conscience certaine de la gravité de la situation. «Il s’agit d’une pollution d’une ampleur inédite, dans un contexte urbain dense. Nous mettons tout en œuvre depuis la découverte de la pollution pour assurer la santé de la population et la prévention des risques.» Le canton a d’ailleurs publié en ligne, à destination de la population, un dossier complet sur la question.

Lire aussi: Lausanne: la pollution aux dioxines plus étendue et plus grave que prévu

Il y a d’abord une bonne nouvelle: aucune nouvelle source de pollution aux dioxines n’a été identifiée dans le secteur. Les fumées de l’usine d'incinération du Vallon, démantelée en 2005, sont bien à l'origine de la pollution enregistrée dans le sol.

Dioxines, quésaco?

Les dioxines constituent une famille de polluants organiques persistants, à la toxicité variable, générés lors de la combustion de certains matériaux. Dans le cas présent, il s’agit de déchets de l’usine d’incinération du Vallon.

Peu solubles dans l’eau, les dioxines s’accumulent dans les tissus graisseux et la chaîne alimentaire. Elles sont classées cancérogènes par le Centre international de Recherche sur le Cancer, et la principale source d’exposition est alimentaire (viande, produits laitiers, poissons et fruits de mer).

Leur concentration dans le sol, qui tient compte du degré de toxicité, s’exprime en nanogramme d’équivalents toxiques par kilogramme de sol (ng TEQ/kg).

De nouvelles recommandations à la population. Après avoir mené de nouvelles analyses des sols en 2022 (pour 440 prélèvements au total), le canton et la ville ont adapté les recommandations émises en 2021, et un périmètre élargi par rapport aux premières cartes établies fin 2021.

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