Les fabricants refusent les objectifs de réduction de sel dans leurs produits

Une personne marche a cote de deux paquets de sel de cuisine geants au sein de l'exposition Sel au Musée de la main, en mai 2013. | Keystone/Laurent Gillieron

Les Suisses ont le bec salé. Saupoudré sur l’assiette, mélangé dans les épices, les aromates et les bouillons… le sel est très apprécié. Un peu trop même. Faudrait-il habituer les consommateurs à un goût moins salé en réduisant le sel des produits achetés en supermarché, sur le même principe que le sucre avec la Déclaration de Milan?

Ce sera en tout cas un grand non de la part des fabricants et distributeurs, a révélé le Tages-Anzeiger le 10 décembre. Les objectifs de réduction d’usage de sel «n'ont malheureusement pas été soutenus par l'industrie», confie au journal alémanique la responsable du dossier à l’OSAV.

La raison invoquée? Le risque d’une moindre acceptation par les papilles du consommateur, et donc la crainte d’une perte de chiffre d’affaires. Seul Aldi serait enclin à s’engager sur des objectifs clairs, les autres distributeurs préférant des politiques internes et l’usage de substituts du chlorure de sodium – balayé par l’office, évoquant la nécessité que la population s’habitue à un goût moins salé. Face au blocage, l'OFAG envisagerait des mesures réglementaires.

Pourquoi on en parle. La consommation exacte de sel en Suisse reste méconnue, mais est certainement supérieure aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (l’OMS). D’après un rapport d’économistes de l’Université de Saint-Gall, qui ont épluché les tickets de caisse de 371 ménages suisses pendant deux semaines et publié leurs résultats il y a quelques jours, elle s’élèverait à 7g par jour par personne. Selon une enquête menée en 2011 par le centre hospitalier universitaire vaudois, elle serait même de 9g. Dans tous les cas, la quantité ingérée est supérieure à la limite de 5g conseillée par l’OMS. Avec des incidences négatives sur les maladies non transmissibles (diabète, maladies cardiovasculaires).

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A lire dans le Tages-Anzeiger (en allemand, payant)