La Russie réintègre l’accord sur les exportations de céréales ukrainiennes

Des personnes observent le navire Navi Star transportant 33'000 tonnes de maïs, quitter le port d'Odessa, en Ukraine, le 5 août 2022. | Keystone / EPA / STR

L'accord a permis à l'Ukraine d'exporter 8 millions de tonnes de céréales depuis août.

L’incertitude n’aura donc duré que quelques jours. Le 2 novembre, la Fédération de Russie a finalement annoncé la reprise de sa participation à l’accord sur les exportations de céréales depuis les ports ukrainiens, relate France 24. Une volte-face après le retrait de Moscou le 29 octobre suite à une attaque aux drones sur sa flotte en Crimée annexée, dans la baie de Sébastopol – argument qui ne serait qu’un prétexte pour ne pas prolonger l’accord.

Pourquoi on en parle. Grand exportateur de céréales avec 45 millions de tonnes qui quittent son territoire chaque année, l’Ukraine avait vu ses exportations drastiquement chuter depuis février, avec le blocage de ses ports alors que la quasi-intégralité des exportations est assurée par voie maritime.

Inauguré en juillet à Istanbul, l’accord de la mer Noire a permis le déblocage des ports de Tchornomorsk, Odessa et Youjne, afin de reprendre les livraisons et, surtout, calmer les inquiétudes et donc la volatilité des prix sur les marchés. Plus de 8 millions de tonnes de céréales ont été acheminées depuis, selon un décompte du Centre de coordination conjointe, un groupe mis en place par l’accord et chargé de superviser sa bonne application.

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Les raisons de la reprise. Moscou a fait savoir par la voix de son ministre de la défense que «les garanties reçues jusqu’à présent semblent suffisantes». Celles-ci consistent en un engagement écrit de la part de l’Ukraine à démilitariser le couloir maritime utilisé par les navires, rapporte France 24.

Au fait, qui bénéficie des céréales? «L’Initiative soutenue par l’ONU a contribué à stabiliser puis à faire baisser les prix des produits alimentaires mondiaux et à déplacer les précieuses céréales de l’un des greniers du monde vers la table de ceux qui en ont besoin», se félicitait fin octobre la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced). De nombreux pays sont en effet dépendants de l’Ukraine pour leurs importations de céréales:

Mais ceux qui sont le plus dans le besoin sont-ils vraiment les mieux servis? Depuis la reprise des exportations, un tiers seulement des céréales ont rejoint des pays à faible revenu (Egypte, Iran, Inde, Kenya, Somalie et Soudan), soulignait RFI le 31 octobre. Un quart aurait été acheminé vers des pays à revenus intermédiaires, Turquie et Chine en tête. Enfin, près de la moitié, 47% précisément, aurait rejoint des pays à revenus élevés comme l’Union européenne, la Corée du Sud ou Israël. Mais certains peuvent ne constituer qu’une escale. La secrétaire générale de la Cnuced l’assurait ainsi au Temps:

«Plus de trois quarts du maïs et du blé destinés à la consommation humaine se sont au final dirigés vers les pays en développement».

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