L'élevage de poulpes, une «catastrophe éthique et écologique»

Poulpe du zoo de Bâle. | Keystone / Handout Zoo Basel

«L’une des pires abominations que l’élevage industriel ait jamais produite.» C’est en ces termes que Caroline Roose, députée écologiste européenne, et Amandine Sanvisens, directrice de l’association Aquatic Life Institute Europe, décrivent l’élevage industriel de poulpes. Dans une tribune publiée dans Le Monde le 5 mars, elles demandent en urgence à la Commission européenne et à Emmanuel Macron l’interdiction de l’élevage de céphalopodes dans l’Union européenne.

Cet appel fait suite au projet d’une multinationale espagnole, Nueva Pescanova, d’ouvrir le premier élevage industriel de poulpes au monde dans l’archipel des Canaries. L’ouverture devrait se faire cette année déjà, pour une commercialisation en 2023.

Pourquoi c’est problématique. Les poulpes sont des animaux très intelligents et particulièrement mal adaptés à l’élevage. Ils sont solitaires et ne supportent pas la proximité avec leurs congénères. De plus, comme l’a démontré une étude du London School of Economics and Political Science, ils ont la capacité d’éprouver des émotions telles que l’anxiété, l’ennui ou la joie. Les conditions de l’élevage intensif provoquent chez eux une détresse psychologique pouvant mener à la dépression, à l’anorexie ou à l'automutilation par la consommation de leurs propres membres.

De plus, l’élevage de poulpes ne règle pas le problème de la surpêche. Au contraire, il l’amplifie. Les poulpes sont des animaux carnivores qui doivent chasser leurs proies vivantes. Il faut donc non seulement pêcher du poisson pour les nourrir, mais le transporter vivant jusqu’à l’élevage.

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