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En Egypte, l’augmentation du coût de la vie inquiète

Un vendeur tient en équilibre un plateau de pains traditionnels égyptiens dans le quartier du Vieux Caire, en Égypte, le 22 mars 2022. | Keystone / AP Photo/ Amr Nabil

Le 21 mars dernier, près d’un mois après le début de la guerre en Ukraine, le gouvernement égyptien a décidé de dévaluer sa monnaie de 14%. En conséquence, le prix des denrées alimentaires a augmenté de 20%. Désormais, le risque de pénurie de blé, dont l’Egypte est le premier importateur mondial avec plus 18 millions de tonnes consommées chaque année, s’accroît. Le pays en produit lui-même entre quatre et cinq millions, mais doit importer le reste — 80% de sa consommation— de Russie ou d’Ukraine. Le blocus de la mer Noire empêche tout acheminement de masse.

Pourquoi on en parle. Pays le plus peuplé du monde arabe avec 105 millions d’habitants, l’Egypte est considéré par les pays occidentaux comme un gage de stabilité dans un Moyen-Orient désorienté. Une hausse des prix et de l’inflation pourrait créer des heurts dans un pays où un tiers de la population vit déjà sous le seuil de pauvreté et où toute contestation est violemment réprimée depuis la prise de pouvoir d’Abdel Fattah al Sissi en 2013.

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Pour les Egyptiens, la dévaluation de la monnaie a de quoi rappeler de mauvais souvenirs. En 2016, à la suite de pénuries de dollars, la Banque centrale égyptienne avait fait chuter la livre égyptienne de 50%. Nombre de familles et d’entreprises ont été prises à la gorge face à cette paupérisation. En contrepartie, le Fonds monétaire international (FMI) avait alloué une aide de 12 milliards de dollars à l’Egypte.

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