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A Veyrier, le désarroi d'un producteur de tomates face à l'énergie chère

Des ouvriers ramassent des tomates. | Keystone / Jean-Christophe Bott

Le prix du gaz explose et, avec lui, les coûts de production dans les serres chauffées. Nous avons discuté avec Alexandre Cudet, producteur de tomates dans le canton de Genève, pour comprendre la situation des maraîchers.

«S’il n’y a pas une adaptation de nos prix de vente, ou une baisse des prix de l’énergie cette année, on va arrêter.»

Au combiné, la voix reste calme mais la tension affleure. Président de l’Union Maraîchère de Genève (UMG), Alexandre Cudet est surtout le plus grand producteur de tomates cerise de Suisse romande.

Chaque année, près de 1500 tonnes de fruits sortent des Serres du marais, qu’il a fondées avec son homologue Patrice Brestaz. Six hectares de serres à Veyrier, au pied du Salève. Et des nuages qui s’accumulent à l’horizon.

Face à des prix de l’énergie devenus intenables, le maraîcher réfléchit sérieusement à cesser son activité. En plus de dix ans, c’est la première fois qu’il fait face à un tel coup dur.

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Pourquoi le prix s’envole. La menace principale, c’est le prix du gaz, utilisé pour chauffer les serres. Entre les années précédant la guerre en Ukraine et la fin de l’année 2022, le prix du gaz pour le consommateur suisse a pratiquement été multiplié par trois.

Alexandre Cudet paye son gaz deux fois plus cher aujourd’hui qu’en août dernier. Du jamais vu, pour le maraîcher sexagénaire:

«On a décidé d’opter pour le tarif régulé. Il a pris l’ascenseur et atteint le double de ce qu’on payait, mais cela nous reviendrait quatre fois plus cher sur le marché libéralisé. Et à quatre fois plus cher, ça ne sert à rien de continuer, on ferme la boîte.»

L’énergie pèse désormais 30% à 40% du coût de production de ses tomates — autant que la main d’œuvre.

Lire aussi: «Une tomate sur quatre consommée en Suisse est produite à Genève»

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